Corrida

Réponse au courrier du CRAC

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Personnalité politique (1)

Prise de position

Chère Madame,

Je vous remercie de votre courrier sur la corrida qui m'a beaucoup touché.

Je respecte et je comprends votre point de vue qui est tout à fait légitime. même si je crains de ne pas le partager, et je voulais vous répondre en tant que parlementaire européen. Je suis en effet régulièrement interrogé à ce titre sur ce sujet.

Je ne crois pas, contrairement aux opposants à la corrida, qu'il revienne à l'Union européenne de légiférer dans ce domaine. Dans plusieurs pays membres de l'Union, comme sur d'autres continents, la corrida représente une tradition populaire. C'est le cas en France et en Espagne en particulier. Le débat sur la poursuite ou non des corridas, amènera peut-être un jour à des changements de législation, mais cette décision doit, selon moi, relever de chaque État concerne. L'Europe n'a pas vocation à trancher de toutes les questions internes à la vie de chacun de nos pays et à se substituer aux choix qui peuvent être faits par les citoyens au niveau national. Elle doit s'occuper de l'essentiel, la paix, la démocratie, les droits de l'Homme, la solidarité entre régions riches et pauvres et de ce que nous ne pouvons plus faire seul ou que nous ferons plus efficacement ensemble : avoir un marché et une monnaie commune au service de la croissance, de l'emploi, du développement durable, d'un modèle social de haut niveau, la création de grands réseaux européens de transport, d'énergie ; la recherche, etc ; ..., bâtir une politique étrangère commune pour promouvoir la paix dans le monde et peser sur la mondialisation.

Elle peut être un forum utile pour débattre des sujets de société comme la corrida, mais elle doit respecter en la matière le libre choix de chaque peuple. Je ne souhaite pas une Europe uniformisée, ni même une France uniformisée en la matière. Nos régions ont leur histoire et leurs traditions, celles-ci peuvent évoluer, mais je ne crois pas qu'on doive toujours décider à Paris, de ce qu'il convient de faire à Nîmes ou à Toulouse.

Je crains donc, et j'en suis bien conscient, de décevoir votre attente, même si je respecte parfaitement, je vous le redis, votre conception du bien être animal. Je pense que les sociétés évoluent et évolueront sans doute à l'avenir sur ce plan aussi, mais je ne crois pas aux mesures d'interdiction brutales.

En vous remerciant de nouveau de votre courrier, je vous prie de croire, Chère Madame, à l'assurance de mes sentiments les meilleurs.

Harlem Désir

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