Élevage

5 députés demandent au Gouvernement des aides supplémentaires pour la filière porcine

Personnalités politiques (5)

Question parlementaire

Nationale

Question écrite de M. Jean-Pierre Cubertafon député (Mouvement Démocrate (MoDem) et Démocrates apparentés - Dordogne ) :

M. Jean-Pierre Cubertafon attire l'attention de M. le ministre de l'agriculture et de l'alimentation sur les aides accordées pour soutenir la filière porcine. Ce secteur est aujourd'hui affecté par une surproduction inédite au niveau européen. Sur les douze derniers mois, les abattages de porcs ont ainsi augmenté de 3,7 % en volume et 2,9 % en têtes. L'augmentation record de 12,5 % au Danemark est ainsi symptomatique de cette dynamique. Conséquence directe de cette situation, les prix du porc ont chuté. Le prix moyen au cadran depuis janvier 2021 s'élève ainsi à 1,367 euros au kilo. Ce prix ne permet plus aux éleveurs de vivre dignement de leur métier. De plus, le coût moyen de production dans la filière a augmenté de près de 5 % entre 2020 et 2021 quand les cotations ont chuté en parallèle de près de 6 % entre septembre 2020 et 2021. Il lui demande donc s'il entend intervenir pour soutenir les producteurs de porcs et débloquer des fonds pour permettre à la filière d'éviter de continuer sur cette pente glissante.

Question écrite de Mme Sophie Mette députée (Mouvement Démocrate (MoDem) et Démocrates apparentés - Gironde ) :

Mme Sophie Mette interroge M. le ministre de l'agriculture et de l'alimentation sur le déblocage d'aides pour la filière porcine. En effet, les éleveurs de la filière porcine rencontrent de grandes difficultés à cause de la surproduction porcine européenne entraînant une chute des cours du porc et une augmentation de la matière première. Ainsi des aides pourraientêtre débloquées en faveur des producteurs de porcs comme cela a pu être fait pour les filières bovines et viticoles. Elle lui demande son avis sur cette suggestion.

Question écrite de M. David Habib député (Socialistes et apparentés - Pyrénées-Atlantiques ) :

M. David Habib attire l'attention de M. le ministre de l'agriculture et de l'alimentation sur la situation de la filière porcine en France. Actuellement se pose le problème d'une surproduction européenne pour la filière porcine. En effet, sur 12 mois, au niveau de l'Union européenne, les abatages de porcs ont augmenté de 3,7 % en volume et de 2,9 % en têtes. Les éleveurs français ne sont pas responsables de la surproduction européenne mais, pourtant, ils subissent la dégringolade des cours du porc. Le prix moyen au cadran depuis le début de l'année est de de 1,367 euros/kg. Ce niveau de valorisation est beaucoup trop faible pour que les éleveurs puissent vivre dignement de leur métier. Il est même trop bas pour qu'ils puissent payer l'aliment qui ne cesse d'augmenter. En outre, les éleveurs font également face à l'augmentation du prix des matières premières. Le coût alimentaire a augmenté de 11 % par rapport à 2020. Cette hausse impacte le coût de production d'environ 5 % ; dans le même temps, les cours du porc continuent de décroître depuis l'été 2021. Ainsi, entre septembre 2020 et septembre 2021, les cotations ont perdu environ 6 %. Dans ce contexte, la hausse des prix de l'aliment ne peut pas être supportée par les éleveurs, qui ne peuvent malheureusement que constater les pertes. Ces derniers ne sont pas épargnés et n'en peuvent plus de ces crises à répétition. La loi Egalim ne change rien à la situation, les éleveurs restent la variable d'ajustement des prix. Aussi, il souhaiterait connaître les mesures que le Gouvernement compte mettre en œuvre afin mettre fin à cette situation.

Question écrite de Mme Sylvie Tolmont députée (Socialistes et apparentés - Sarthe ) :

Mme Sylvie Tolmont attire l'attention de M. le ministre de l'agriculture et de l'alimentation sur l'importance de débloquer des aides pour les éleveurs de la filière porcine. En effet, les producteurs doivent faire face à une surproduction européenne de viande de porc, avec une augmentation du volume de 3,7 % par rapport à l'année 2020. La trop grande quantité de viande disponible sur le marché a pour conséquence une chute du prix de vente. Ainsi, pour l'année 2021, celui-ci était de 1,367 euro/kg en moyenne et est descendu jusqu'à 1,201 euro/kg. Cette valorisation n'est pas suffisante pour compenser les frais de production puisqu'à cette surproduction européenne s'ajoute une augmentation du prix des matières premières. De fait, le prix de l'alimentation porcine est en hausse de 14,1 % par rapport à septembre 2020. Aujourd'hui, cette filière, déjà fragilisée par la crise sanitaire engendrée par la covid-19, se voit dans l'incapacité de faire face à l'action conjuguée de l'augmentation des frais de production et de la baisse du prix de vente. Ainsi, les professionnels de la filière s'interrogent sur leur capacité à maintenir leur activité dignement et expriment une inquiétude légitime face à l'insoutenabilité de la situation. C'est pourquoi elle souhaite connaître les intentions du Gouvernement sur ce nécessaire soutien à apporter au secteur porcin, spécifiquement à travers le déblocage d'aides.

Question écrite de M. Jean-Luc Bourgeaux député (Les Républicains - Ille-et-Vilaine ) :

M. Jean-Luc Bourgeaux appelle l'attention de M. le ministre de l'agriculture et de l'alimentation sur l'importance de débloquer des aides pour les éleveurs de la filière porcine. La coordination Rurale de Bretagne alerte sur l'effet ciseau que subissent les éleveurs de porcs, en raison des cours bas, de la crise sanitaire, mais aussi des conséquences de la surproduction européenne de viande de porc, avec une augmentation en volume de 3,7 % par rapport à l'année 2020. La trop grande quantité de viande disponible sur le marché a pour conséquence une chute du prix de vente. À cette surproduction européenne s'ajoute une augmentation du prix des matières premières. Le prix moyen des aliments est aujourd'hui de 330 euros/tonne et des hausses de prix sont à venir dans les prochaines semaines Suite à une réunion qui s'est tenue le jeudi 20 janvier 2022 à la préfecture de Saint Brieuc, les centres de gestion ont présenté les chiffres économiques des éleveurs. En janvier 2022, les pertes par truie s'élèvent entre 600 et 700 euros et pour les élevages les plus fragiles, entre 800 à 900 euros. La dérive financière est exceptionnelle et les banques n'auront pas de solution au-delà de 1 000 euros de pertes par truie. Par ailleurs, en mars 2022, tous les éleveurs seront à 100 % de leur ouverture de crédit. Force est de constater que les professionnels de la filière s'interrogent sur leur capacité à maintenir leur activité. C'est pourquoi il appartient à l'État de mettre en place un plan d'aide d'urgence sans lequel les éleveurs ne surmonteront pas la crise car ils n'auront pas de solution de financement de la part des partenaires pour apurer leurs dettes. Une régulation européenne de la production porcine est vitale. Équilibrer l'offre et la demande au niveau européen est la condition essentielle pour assurer des prix stables et rémunérateurs pour permettre aux éleveurs français de vivre dignement. Il lui demande de lui indiquer les mesures que le Gouvernement entend prendre pour sauver la filière porcine.

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Attentes citoyennes

86%

des Français
estiment que l'abattage sans étourdissement préalable est inacceptable quelles que soient les circonstances

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44%

des Français
estiment que le « bien-être » des animaux de ferme n'est pas assuré aujourd'hui en France

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