Site en transition : l'observatoire Politique & Animaux a accompagné de 2012 à 2025 l'évolution de la condition animale dans le champ politique. Le Sauvetage du siècle, lancé par L214 en 2025, place la réduction du nombre du nombre d'animaux tués comme principal levier de réduction de la souffrance animale. Politique & Animaux continue d'accompagner ce mouvement : l'observatoire modifie provisoirement son suivi et prépare pour le printemps 2026 sa nouvelle forme, dédiée à encourager les politiques à agir concrètement pour réduire le nombre d'animaux tués.
Abolition de l'élevage en cage des poules : François Ruffin rappelle en séance «l'engagement désormais oublié, renié» d'Emmanuel Macron
Je reprendrai simplement une promesse du candidat Emmanuel Macron, un engagement désormais oublié, renié : la fin de l’élevage des poules en cage. Ce ne serait qu’un début, je le sais bien. Et pourquoi les poules en cage et pas les poulets en batterie, et pourquoi pas les porcs, et pourquoi pas les vaches ? Parce qu’il faut bien commencer par quelque chose, par envoyer un signal.
Intervention de François Ruffin :
C’est pourquoi, que des associations tournent des films dans un élevage en Bretagne, dans un abattoir du sud, je le comprends : il faut des exemples pour marquer les esprits. Mais de ce système, on ne sortira pas par des accusations en série, des procès à répétition.
Je propose quoi, alors ? Je reprendrai simplement une promesse du candidat Emmanuel Macron, un engagement désormais oublié, renié : la fin de l’élevage des poules en cage.
Ce ne serait qu’un début, je le sais bien. Et pourquoi les poules en cage et pas les poulets en batterie, et pourquoi pas les porcs, et pourquoi pas les vaches ? Parce qu’il faut bien commencer par quelque chose, par envoyer un signal. Alors, dans les pas du candidat Macron, allons-y pour les poules, car c’est sans doute le pire du pire, le versant le plus cruel du système.
Faut-il rappeler leur calvaire ? Une fois éclos, les poussins sont triés, les mâles sont éliminés – soit gazés, soit broyés. Les femelles sont alors enserrées dans des cages. Leurs gestes naturels – se percher, picorer, se baigner de poussière – sont bien sûr impossibles. L’angoisse est permanente, avec, du coup, des troubles, des mouvements stéréotypés, de l’agressivité voire du cannibalisme. Aussi leur coupe-t-on le bec pour éviter qu’elles ne se blessent. Leurs os, trop fragiles, atrophiés car sans exercice, se brisent, notamment lorsqu’elles partent pour l’abattoir, lorsqu’elles sont ramassées et entassées dans des caisses. Là-bas, sur place, elles sont conscientes quand on les suspend à des crochets sur une chaîne automatique. Mais comment, ensuite, leur mort – une plongée dans un bain électrifié – comment cette mort n’apparaîtrait-elle pas comme une libération ?