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le 10 décembre 2013 - Communication officielle → Nationale

L'UDI dénonce le rejet par le Parlement européen de l'interdiction du chalutage en eaux profondes.

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« La Commission européenne a proposé de l'interdire et de financer les mesures de reconversion des quelques personnes concernées.[...] Mais cela était sans compter une alliance entre les députés Isabelle THOMAS, socialiste française et Alain CADEC, UMP, qui ont tout fait pour entraver l'interdiction du chalutage en eaux profondes [...] au point de créer une cacophonie chez les eurodéputés socialistes français votant à l'inverse de leur groupe politique au Parlement européen (S&D). »

Chalutage en eaux profondes: le reniement présidentiel en profondeur !

Le 10/12/2013

Mardi 10 décembre 2013, les députés européens ont voté sur le chalutage en eaux profondes.

Méthode de pêche irresponsable ou suffisamment encadrée? Le Parlement européen a tranché en rejetant par 342 voix contre, 326 pour, la demande visant à interdire le chalutage en eaux profondes suite à une importante mobilisation de la part notamment du gouvernement.

Face à l'effondrement des ressources halieutiques, chaque texte européen proposant de réglementer la pêche devient l'occasion pour des joutes épiques entre scientifiques, écologistes et ONG d'un côté et industrie piscicole de l'autre.

Le chalutage en eaux profondes, quèsaco? Il s'agit d'une méthode de pêche en eaux profondes principalement pratiquée par des chaluts profonds, c’est-à-dire d’immenses filets de pêche lourdement lestés qui raclent le fond des océans jusqu’à 2000 mètres de profondeur.

Non sélective et détruisant l'écosystème marin à sa base, la communauté scientifique dénonce depuis des années cette méthode y compris dans un rapport de 2010 du Grenelle de la Mer[1]. La pêche en eaux profondes ne représente que 1% (34.334 tonnes en 2008) des prises totales dans l'Atlantique du nord-est, la zone de pêche concernée. La Commission européenne a proposé de l'interdire et de financer les mesures de reconversion des quelques personnes concernées.

Mais cela était sans compter une alliance entre les députés Isabelle THOMAS, socialiste française et Alain CADEC, UMP, qui ont tout fait pour entraver l'interdiction du chalutage en eaux profondes...avec succès en définitive.

Il faut dire que le gouvernement français a tout fait pour empêcher la Commission européenne d'arriver à ses fins. Alors qu'une pétition de près de 700 000 français appelait le président François Hollande à soutenir l'interdiction du chalutage en eaux profondes, celui-ci a brillé par son mutisme. L'équipe gouvernementale était d'un parti pris évident tant les attaches locales ont été déterminantes comme pour Jean-Yves Le Drian (Défense), ancien maire de Lorient et premier port français concerné par la pêche en eaux profondes, Bernard Cazeneuve (Budget), ex-premier édile de Cherbourg, Bernard Poignant, conseiller spécial du Président et maire de Quimper. Mais la palme de l'obstruction revient sans conteste à Frédéric Cuvillier (Pêche), qui, il y a un peu plus d'un an, gérait encore Boulogne-sur-Mer, fief d'Euronor , le troisième armateur de cette industrie. Ce ministre a pesé de tout son poids au point de créer une cacophonie chez les eurodéputés socialistes français votant à l'inverse de leur groupe politique au Parlement européen (S&D).

A la grande satisfaction du gouvernement, une majorité d'eurodéputés ont repoussé la proposition d'interdiction formulée par la Commission européenne. Point positif en demi-teinte, ils ont inclus une clause de révision par laquelle la Commission européenne devrait réévaluer la situation d'ici quatre ans, avec la possibilité d'interdire alors les méthodes les plus destructrices. D'ici là, il serait souhaitable que le gouvernement change de position… ou que le gouvernement ait changé.