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le 27 août 2013 - Communication officielle → Local

Les Jeunes Écologistes souhaitent réduire drastiquement les pratiques et les privilèges des chasseurs

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Pour les Jeunes Écologistes, la pratique de la chasse n’est acceptable que lorsqu’elle permet de s’alimenter dans le respect de l’environnement, de la société et de la vie animale [...] Les Jeunes Écologistes demandent que la gestion de la faune, comprenant notamment le contrôle sanitaire et démographique des populations, soit confiée à un organisme d’État composé de fonctionnaires et de scientifiques capables d’étudier avec indépendance et sérieux les écosystèmes tout en travaillant étroitement avec les chasseurs et les préfectures.
extrait de la motion adoptée en Assemblée Générale le 25 août 2013

Motion :

Pour une régulation de la chasse

Motion adoptée en Assemblée Générale le 25 août 2013.
Les faits, les chiffres et les propositions de cette motion concernent la France métropolitaine.

Introduction

La chasse est une activité qui consiste à traquer et tuer des animaux. Aussi ancienne que l’humanité, cette pratique a néanmoins considérablement évolué au fil des siècles, tant dans les moyens employés que dans sa finalité. A l’origine source alimentaire indispensable, elle est progressivement devenue une activité ludique : de nos jours, en France, plus personne ne chasse par nécessité vitale. La chasse est maintenant principalement une activité récréative qui ne conserve que rarement sa fonction de subsistance. Ses pratiquants forment une population essentiellement masculine (98% d’hommes), vieillissante (l’âge moyen atteint 58 ans) et en diminution (perte de 30 % des effectifs en 20 ans). Les chasseurs, qui sont 1 million (1) en France (soit 1,5 % de la population), chassent 91 espèces et tuent près de 40 millions (2) d’animaux chaque année. Il existe de nombreux modes de chasse : chasse à tir (pratiquée avec un fusil devant soi, en battue, à l’approche, à la passée…), chasse à l’arc, chasse à courre, déterrage, divers modes locaux (filets, lacs, matoles, tendelles, gluaux), etc. La chasse est pratiquée les sept jours de la semaine pendant les périodes d’ouverture légales (contrairement aux autres pays d’Europe qui bénéficient de jours non-chassés). Les chasseurs sont regroupés au sein de Sociétés de chasse, de Groupements d’intérêts cynégétiques et de Fédérations départementales, régionales et nationale. Au Sénat et à l’Assemblée Nationale, il existe un « groupe chasse » comportant plus du quart des parlementaires. Le monde de la chasse, en raison notamment de son organisation et de sa force financière, constitue en France l’un des lobbies les plus puissants. Cette pratique qui implique l’usage d’armes et la mise à mort d’animaux, est une activité à caractère polémique : environ 60 % des français se déclarent contre (3), pour diverses raisons d’ordres éthiques, écologiques, sécuritaires et sociétales.

Le refus de cette pratique

La raison éthique

La vision de l’« animal-machine » de Descartes, selon laquelle les animaux seraient démunis de sens et de facultés car guidés par des réflexes instinctifs, apparaît de plus en plus dénuée de sens dans nos sociétés contemporaines. Les recherches et constats de Darwin l’avaient amené à conclure que « les sens et les intuitions, les différentes émotions et facultés, comme l’amour, l’attention, la mémoire et la curiosité, l’imitation, la raison, etc., dont l’Homme se vante, peuvent être retrouvés à l’état naissant ou même pleinement développé chez les animaux ». De nombreuses études scientifiques, menées par les éthologues ces dernières décennies, ont confirmé cette affirmation. Ces notions, longtemps considérées à tort comme « propre de l’Homme », se sont révélées présentes chez les autres espèces animales, la différence n’étant pas de nature mais seulement de degré (leur stade de développement varie suivant l’espèce). Ainsi, comme chacun le sait maintenant, les animaux pourvus d’un système nerveux sont des êtres sensibles ; ils éprouvent des sensations, des émotions, des sentiments (joie, plaisir, peur, souffrance, volonté…) et il convient désormais de prendre en compte ces éléments dans les relations que nous établissons avec eux.
Lors de la pratique de la chasse, la mort des animaux n’est pas causée accidentellement, elle est recherchée puisqu’elle constitue l’objectif, l’aboutissement. Cette pratique qui fût jadis essentiellement une activité de subsistance fournissant un apport alimentaire indispensable est devenue en France une activité choisie par ceux qui la pratiquent. Or, il est important que cette pratique ne dégénère pas, comme on le voit trop souvent en France, en un loisir banal dont l’enjeu serait la souffrance et la mort de l’animal. Ainsi les jeunes écologistes souhaitent un encadrement plus strict de la pratique de la chasse pour mettre un terme à ces dérives et responsabiliser les chasseurs quant à leur place dans la nature comme dans la société.

La raison écologique

La chasse a un impact quantitatif sur la faune, de manière directe par la mortalité occasionnée, ou de manière indirecte par les dérangements provoqués. Chaque année, environ 40 millions d’animaux sont tués en France par les chasseurs, ce qui n’est pas sans conséquence sur les effectifs des populations des espèces chassées. A titre de comparaison pour mieux comprendre l’ampleur de ce phénomène, un weekend de chasse équivaut environ à 300 000 oiseaux tués, soit autant que le nombre estimé de victimes de la marée noire de l’Erika. Le dérangement engendré par les chasseurs induit également une baisse des populations car il cause une modification de la distribution géographique des espèces (très visible chez les oiseaux d’eau), des pertes d’énergie provoquant une diminution de survie (réduction du temps de repos et de nourrissage, augmentation du temps de surveillance et de fuite), ainsi qu’une baisse du succès de reproduction.
En modifiant le comportement et l’état de santé des animaux chassés, la chasse a aussi un impact qualitatif non négligeable sur la faune. Des scientifiques ont observé qu’elle sélectionne, pour certaines espèces, au fil des années, une population d’animaux craintifs, aux distances de fuite anormalement élevées (en particulier pour les chamois et cervidés). Ces animaux, sensibles au dérangement, forment une population fragilisée, stressée et démographiquement peu dynamique. En outre, l’usage de cartouches au plomb (4) a provoqué le saturnisme, maladie ayant contaminé jusqu’à plus de 60 % des individus de certaines espèces de canards (5). La plupart des espèces chassables étant en régression, les chasseurs lâchent dans la nature annuellement environ vingt millions d’animaux élevés (perdrix, faisans, lièvres, canards…) afin de pouvoir perpétuer leur activité. Non seulement cette pratique désastreuse affaiblit les dernières populations naturelles par l’apport de maladies issues des élevages (6), mais perturbe les écosystèmes et cause une grave pollution génétique de la faune (7).
Ainsi, la chasse est à l’origine d’un important préjudice écologique, régulièrement dénoncé par les associations de protection de la Nature et les scientifiques, et empêche toute protection efficace de la biodiversité (8).

La raison sécuritaire et sociétale

Les chasseurs, alors qu’ils représentent pourtant une minorité (1,5 % des Français), accaparent et insécurisent l’espace naturel, en gênant, voire empêchant, la pratique d’autres activités de plein air. On imagine mal un promeneur, cavalier, VTTiste, joggeur, ramasseur de champignons, s’adonner sereinement à son loisir lorsqu’il se retrouve entouré de chasseurs. De nombreuses personnes (9) hésitent ou renoncent à se promener pendant l’ouverture de la chasse, de peur d’être victimes d’une « balle perdue ». En effet, chaque année, environ 20 personnes sont tuées et 140 blessées (10) (soit une moyenne d’une personne blessée ou tuée chaque jour en période de chasse ! (11)). La chasse est le seul loisir qui tue ou blesse fréquemment des personnes ni pratiquantes, ni spectatrices, et pose par conséquent un problème de sécurité publique.
Les chasseurs constituent un puissant groupe de pression qui défend des intérêts privés contre l’intérêt général, d’où une contradiction avec les fondements de notre démocratie : une minorité contestée parvient, en raison notamment d’un important lobbying sur les parlementaires, à imposer une législation à l’encontre de la volonté et des attentes de la majorité des citoyens (12). De fait, la chasse nuit au développement du tourisme vert et à l’observation facile d’une faune riche et confiante. Actuellement, la loi ne protège que les animaux domestiques ou captifs contre les mauvais traitements. Or, 87% des français-es (13) souhaitent un élargissement de cette loi aux animaux sauvages, ce qui est en contradiction avec la poursuite de la chasse, pratique source de nombreuses souffrances intrinsèques. Les Jeunes Écologistes et une large majorité des français-es défendent des valeurs de bienveillance, de non-violence, de vivre ensemble et de respect du vivant, qu’ils ne retrouvent pas dans la pratique actuelle de la chasse.
Ainsi, la chasse insécurise les espaces naturels en mettant en danger la vie de personnes non concernées par ce loisir et nuit à la pratique des autres activités de plein air. De plus, elle est en décalage avec les valeurs partagées par une large majorité de citoyens et les aspirations nouvelles de notre société.

La position des Jeunes Écologistes

Pour les Jeunes Écologistes, la pratique de la chasse n’est acceptable que lorsqu’elle permet de s’alimenter dans le respect de l’environnement, de la société et de la vie animale. Loisir contestable pour des raisons éthiques, écologiques, sécuritaires et sociétales, les Jeunes écologistes demandent un vrai contrôle de cette activité trop souvent laissée aux mains de ceux qui en font un loisir sadique sans véritable connaissance ou intérêt pour la préservation des écosystèmes afin que la chasse redevienne un moyen de s’alimenter consciemment, de prendre conscience de la place de l’homme dans la nature et de son rôle dans les écosystèmes.

Les Jeunes Écologistes demandent que la gestion de la faune, comprenant notamment le contrôle sanitaire et démographique des populations, soit confiée à un organisme d’État composé de fonctionnaires et de scientifiques capables d’étudier avec indépendance et sérieux les écosystèmes tout en travaillant étroitement avec les chasseurs et les préfectures. En effet, la biodiversité ne doit plus être aux mains d’une corporation aux intérêts privés, contestés et contraires à l’intérêt général mais aux mains de l’état se reposant sur des citoyens conscients de leur rôle et capables de pratiquer la chasse dans le respect de l’environnement, de la société et des animaux.

Nous proposons que :

- Les week-ends et les jours fériés soient non chassés
– La chasse soit interdite à moins de 200m des routes et des habitations
– La vénerie (chasse à courre et déterrage) soit abolie
– La liste des espèces chassables soit réévaluée par un collège d’experts indépendants et significativement réduite
– La chasse de nuit des oiseaux d’eau soit interdite
– Le statut de « nuisible » soit retiré (15)
– Les lâchers de « gibier » soit interdits (avec aides à la reconversion des éleveurs)
– L’agrainage et le nourrissage du sanglier soient prohibés
– Les actions de prosélytisme menées par les chasseurs dans les écoles soient stoppées
– La gouvernance de l’ONCFS devienne totalement indépendante du monde de la chasse
– La délivrance de nouveaux permis de chasse soit soumise à une évaluation plus stricte du chasseur sur des sujets tels que le renouvellement des espèces, la sécurité, les écosystèmes, les pratiques de chasse, mais aussi à une formation concernant la sensibilité des animaux.

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NOTES :

(1) 1 230 000 licences de chasse ont été accordées en 2011. Néanmoins, certains chasseurs validant leur permis dans plusieurs départements, le nombre réel de chasseurs est estimé à environ 1 million.

(2) Estimation du RAC, d’après le chiffre de l’ONCFS de 32 millions portant sur 39 espèces chassables (1999).

(3) D’après un sondage SOFRES. Pour certains modes de chasse, l’opposition est encore plus forte : par exemple, 79% des français-es sont contre la chasse à courre (IPSOS, 2010).

(4) L’usage de la grenaille de plomb a été enfin interdit en France, en zone humide, le 1er juin 2006. On notera que les chasseurs, opposés à cette mesure, ont fait pression pour que l’interdiction entre en vigueur le plus tard possible.

(5) 40 % des colverts, 60% des milouins et 62 % des canards pilet (Ramade, Tamisier & Dehorter, 1999)

(6) Maladie virale hémorragique (V.H.D.), Francisella tularensis, Micipsella numidica, etc.

(7) Des espèces exogènes pouvant se reproduire avec les espèces françaises furent introduites par les chasseurs : perdrix choukar, cailles asiatiques, etc. Les chasseurs lâchèrent également des cochongliers, croisement volontaire entre sanglier et cochon visant à obtenir une espèce plus prolifique. Par ailleurs, beaucoup d’animaux lâchés proviennent d’Europe de l’Est et peuvent présenter un patrimoine génétique différent.

(8) Retrouvez plus d’information sur l’impact écologique de la chasse : http://www.abolition-chasse.org/rapport_chasse_biodiversite.pdf

(9) 58% des français-es ont peur pour leur sécurité en période de chasse, selon un sondage IFOP de 2009. Un autre sondage a été réalisé par l’IFOP en 2011 auprès des promeneurs afin de connaître et de classer les différentes sources de gêne qu’ils rencontrent : la chasse a été classée comme étant la première nuisance.

(10) Moyenne des chiffres officiels de l’ONCFS sur la période 2005-2012.

(11) La majorité des accidents de chasse ont cependant lieu le weekend, et en particulier le dimanche (63%). Il s’agit en effet du jour où la nature est la plus fréquentée, par de nombreux utilisateurs pacifiques et familles, d’où la nécessité d’interdire la chasse ce jour là.

(12) Tous les 2 ans environ, une nouvelle « loi chasse » est votée, octroyant aux chasseurs de nouveaux droits et privilèges. Pendant, le quinquennat de Nicolas Sarkozy, plus d’une quarantaine de mesures favorables aux chasseurs ont été adoptées.

(13) Sondage SOFRES, 2011.

(14) Par chasse de subsistance, nous décrivons une situation où l’Homme n’a absolument aucune autre possibilité que de tuer des animaux sauvages pour survivre. Trois conditions doivent être respectées : ne tuer que le strict minimum vital, ne pas occasionner de souffrances évitables, ne pas compromettre l’avenir des espèces chassées. De nos jours, cette forme de chasse ne concerne plus que quelques peuples isolés et son retour dans les pays dits développés est improbable (sauf évènement majeur tel qu’une guerre…).

(15) Le classement « nuisible » d’une espèce permet sa destruction toute l’année (même en période de reproduction), et ce principalement par piégeage. Au total, 19 espèces sont concernées. Les listes des espèces classées « nuisibles » sont établies par des arrêtés ministériels et préfectoraux, à l’issue de commissions où les chasseurs sont largement majoritaires. Si les motivations officielles de ces classements relèvent d’ordres divers (protection des cultures, risque sanitaire, etc.), en réalité beaucoup d’espèces n’ont d’autre tort que d’être considérées comme des concurrents indésirables par les chasseurs. Ce statut de « nuisible » est sans fondement soutenable et est par ailleurs vivement contesté par les scientifiques et les naturalistes, chaque espèce ayant une place et un rôle au sein de l’éco-système. Il ne s’agit pas de nier les dommages que peuvent causer certaines espèces aux activités humaines, mais de supprimer cette terminologie inadaptée et les destructions insensées qu’elle implique.
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