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le 19 janvier 2019 - Communication officielle → Prise de position marquante

La députée Laurence Vanceunebrock-Mialon répond à l'interpellation de la FNSEA et aux JA Allier suite à son soutien au "manifeste Lundi vert"

Présenté comme vous le faites, on pourrait croire que les animaux élevés pour l’abattage consomment uniquement de l’herbe, ou des produits cultivés sur les champs d’une exploitation, du moins essentiellement. C’est de l’imagerie d’Épinal.
Pourquoi masquer les importations de tourteaux de soja qui sont essentielles à la filière animale et dont l’Europe ne produit que 1 % de la production mondiale? Si on regarde l'origine de ces importations elles proviennent, pour une grande majorité, du Brésil et sont liées à la destruction de la Forêt Amazonienne. La France est le plus gros pays importateur et consommateur européen de tourteaux. Une forte dépendance qui est problématique.

(extrait de de la réponse de la députée Laurence Vanceunebrock-Mialon à la FNSEA03 et au JA03)

Réponse de la députée Laurence Vanceunebrock-Mialon à la FNSEA03 et au JA03 :

Ma réponse à la Lettre ouverte reçue de la part de la Fnsea de l'Allier.
La Montagne Montluçon
Lundi Vert
La semaine de l'Allier

Messieurs,

J’ai bien pris note du courrier que vous avez voulu me faire parvenir en réaction à ma participation au manifeste « Lundi vert », et malgré le ton péremptoire que vous employez, je vais tout de même y apporter une réponse argumentée.

Cependant, il me semble important de vous préciser qu’en ce qui me concerne votre propre argumentaire semble ténu.

Prétendre que « l’élevage tel que nous le pratiquons en France est essentiellement basé sur le pâturage de prairies entourées de haies et d’arbres qui sont de véritables puits de carbone, atténuant ainsi nos émissions» est de la désinformation.

Présenté comme vous le faites, on pourrait croire que les animaux élevés pour l’abatage consomment uniquement de l’herbe, ou des produits cultivés sur les champs d’une exploitation, du moins essentiellement. C’est de l’imagerie d’Épinal.

Pourquoi masquer les importations de tourteaux de soja qui sont essentielles à la filière animale et dont l’Europe ne produit que 1 % de la production mondiale? Si on regarde l'origine de ces importations elles proviennent, pour une grande majorité, du Brésil et sont liées à la destruction de la Forêt Amazonienne. La France est le plus gros pays importateur et consommateur européen de tourteaux. Une forte dépendance qui est problématique. La France pourrait produire plus de soja si l’Union européenne s’en donnait les moyens, certes.

D’après vous, puisque nous sommes dans un région d'élevage, il faudrait militer pour la consommation de la viande, et surtout de la viande rouge quels qu'en soient les risques.
Cette position ne permet pas aux agriculteurs d'envisager une transition écologique.

Je note également que dans votre courrier vous indiquez clairement qu’il est déjà recommandé de ne consommer de la viande rouge que trois fois par semaines, aussi, je ne vois pas en quoi, le lundi ne pourrait pas être un des jours où l’alimentation carnée serait absente de nos assiettes, en tout cas de la mienne.

Pour compléter votre information, je prends toute précaution à ne consommer que des fruits, des légumes et des légumineuses d’origine française. La France n’en est plus à la monoculture bovine. Un nombre considérable d’autres agriculteurs vivent également de la production de céréales, de maïs, de sucre, de vin, de produits laitiers, de fruits, de légumes et font que la France est devenue le premier pays agricole de l’Union Européenne.

Mais pour aller plus avant sur le sujet, venons en à la signature que j’ai accordée au lundi vert. Et je l’assume. Il s’agit de mettre en avant les impacts environnementaux avec, notamment, la pollution de l’air et des sols. Pour ce qui est de cet impact, nous avons déjà longuement échangé vous et moi sur le sort que, chacun, nous voudrions accorder au glyphosate.

Je vais également évoquer l’impact sur notre santé. Comme vous le faites vous-même remarquer dans votre courrier, l’OMS préconise une consommation raisonnée de viande car sa consommation peut représenter, selon la quantité, un risque de maladies cardiovasculaires, de diabète et d’obésité.

Enfin, je n’oublierai pas de mentionner le bien-être animal qui, si nous n’y prenons pas garde, nous législateurs, reste le cadet des soucis de certains éleveurs peu scrupuleux, sans parler de certains abattoirs dont les procédés sont plus que douteux. Mais heureusement, ils ne sont pas majoritaires.

Marc Pagès, directeur général d’Interbev engage la filière dans une démarche collective de responsabilité sociétale et sur le programme européen Life Beef Carbon pour réduire l’empreinte carbone de la viande. Il déclare d’ailleurs vouloir prôner l’équilibre alimentaire.

Personnellement, je ne suis ni végétarienne, ni végétalienne, ni végan, et je prends grand soin à équilibrer mon alimentation en alternant consommation de viande, de poisson, de légumineuses pour maintenir un certain taux de protéines. J’applique déjà les recommandations de Marc Pagès.

D’autre part, je sais très bien que l’Homme est omnivore et qu’il a besoin de protéines, et loin de moi l’idée de me comporter comme ces délinquants qui saccagent les boucheries ou autres établissements en lien avec la filière bovine. Je condamne fermement ces actes.
Malgré tout, en toute liberté de conscience, je continuerai à ne pas consommer de viande ni de poissons le lundi, comme d’autres le font le vendredi.

Et enfin, je me refuse à vivre sous la pression d’un quelconque lobby, qu’il s’agisse d’un syndicat ou de toute autre entreprise.

Voilà messieurs, quelques lignes pour vous sensibiliser au fait qu’un ou qu’une députée n’est pas forcément élu(e) que par des agriculteurs, il ou elle peut également l’être par des végétariens, des gens sans emploi, des gens aisés, des fonctionnaires, des libéraux toute une population qui fait la France.

Mais avant toute chose, ma démarche politique n’est pas de servir un seul pan de population, mais la population toute entière. Je sais que nous aurons certainement d’autres raisons de nous affronter, de confronter nos divergences de point de vue, mais soyez certains que malgré nos différends, je suis toujours à votre écoute et prête au dialogue.

Cordialement.

Laurence VANCEUNEBROCK-MIALON
Députée de l’Allier