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le 8 mars 2012 - Source associative

Ferme "des 1000 vaches" : Nicolas Dupont-Aignan oublie les animaux

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En réponse à une lettre de l'association Novissen, Nicolas Dupont-Aignan ne se prononce pas sur le projet de ferme industrielle "des 1000 vaches" et n'évoque à aucun moment la condition animale dans sa vision de l'agriculture.

Sur le site de Novissen :

Monsieur le Président,

"Votre courrier m'alertant sur un projet de création d'une ferme laitière de 1000 vaches et 750 génisses, doublée d'un méthaniseur de forte puissance, m'est bien parvenu. Je vous remercie de la confiance dont il témoigne et de votre intérêt pour mes positions en matière agricole.
Je ne connais pas les tenants et aboutissants du projet de ferme dont vous me parlez, aussi m'est-il malaisé de porter un jugement équilibré. Les résultats de l'enquête publique donneront de précieuses indications. Ce qui est sûr, c'est que la nécessaire modernisation de notre appareil agricole ne doit se faire au détriment ni de la qualité, ni de la sécurité, ni de l'environnement naturel et social.
L’encouragement à une agriculture plus qualitative est une nécessité. Cela passe par la requalification des exploitations et activités les plus polluantes (création récente d’un label porcin « raisonné » par exemple), l’incitation aux productions nouvelles (maraîchères, non-alimentaires,…) ou d’avenir (biocarburants, biomasse,…).
Un nouveau départ doit également être donné à la sylviculture, sachant l’importance très grande que prendra ces prochaines années le retour du chauffage au bois plutôt qu’aux hydrocarbures.
Néanmoins, cette politique d’ensemble nécessite une remise à plat d’une PAC qui part aujourd’hui dans tous les sens, à cause des renoncements successifs des autorités françaises. Comment accepter que Bruxelles rémunère à l’aveugle l’irrigation alors même que les ressources en eau commencent à poser problème ? Comment accepter le principe du « découplage » qui déresponsabilise les agriculteurs et décourage la relève ? Comment accepter le marché unique avec des distorsions de concurrences intenables, par exemple avec des produits peu contrôlés et mobilisant une main d’œuvre illégale ? Comment développer le bio alors que nos partenaires européens n’ont pas les mêmes exigences en la matière mais veulent nous vendre malgré tout leurs productions sous ce label ? Comment accepter une PAC qui ne place pas au rang de sa première priorité l’autosuffisance alimentaire de l’Europe et la préférence communautaire ? Enfin, comment accepter la logique d’un libre échange intégral en matière agricole alors que cette dérive menace autant les pays pauvres que les agricultures des pays développés soucieuses de s’inscrire dans le développement durable ? On le voit, c’est à une remise à plat générale de la PAC, pour corriger toutes ces incohérences et ces dérives qu’il faut préalablement procéder, avant de jeter les bases d’un développement agricole plus équilibré.
Or, depuis des années, les gouvernements successifs se sont couchés devant Bruxelles en acceptant le détricotage de la PAC. Le résultat est là. Ce secteur stratégique qu'est l'agriculture est devenu un secteur sinistré : chute du revenu, fin de l’autosuffisance comme pour le sucre et bientôt le lait, diminution du nombre d’exploitations, baisse de la qualité alimentaire… Tout cela a des conséquences tragiques sur nos campagnes et sur la qualité de l’alimentation des Français. Qu’attendre d’un pays qui n’est plus capable de nourrir ceux qui les nourrit ? Les rustines ne servent à rien, il faut une politique qui rétablisse un prix rémunérateur.
Au lieu d’agir pour réorienter la PAC, nos responsables se résignent à sa mort programmée. Tout au contraire, l’Europe doit réinstaurer la double exigence de l’autosuffisance agro-alimentaire et de la préférence communautaire, ainsi qu’imposer une exception agricole à l’OMC sur le modèle de l’exception culturelle. Une fois le cadre clarifié, il faudra écrire une nouvelle page de l’agriculture française, incitant à la diversification des productions et au développement durable.
Pour l'heure, la situation de l’agriculture française demeure très contrastée. La hausse du prix des céréales (qu’il faut cependant relativiser car nous sommes revenus au prix de 1983) donne une bouffée d’oxygène à certains mais asphyxie les éleveurs. Ces derniers sont coincés entre le prix de vente du lait, toujours très bas, et le prix d’achat des aliments pour bétail qui a explosé.
Le résultat est là : les exploitations laitières sont prises à la gorge, le lait est vendu en dessous de son prix de revient. Bientôt, comme je vous l'ai écrit plus haut, il faudra importer du lait en France à mesure que les agriculteurs disparaissent. Mais le désastre n’est pas seulement économique et social, il est humain. Dans l’indifférence générale, 400 agriculteurs se sont suicidés cette année (plus d’1 par jour). Au-delà de l’étranglement financier qui les désespère, c’est aussi la perte de maîtrise de leur activité qui les déstabilise.
Le problème majeur réside dans l’ouverture totale des frontières qui met notre agriculture en concurrence avec des pays aux normes sociales et environnementales très faibles. Compte tenu du coût de la main d’œuvre et de la haute exigence que nous avons quand même en France, il va de soi que les producteurs de lait ne peuvent pas supporter la concurrence des pays de l’Est, voire l’Ukraine.
Le combat majeur doit, bien sûr, est celui que je soutiens depuis longtemps, d’une exception agricole sur le modèle de l’exception culturelle à l’OMC. Pourquoi les artistes, le monde du cinéma se sont-ils protégés pendant qu’on laisse mourir nos paysans ? Tout simplement parce qu’ils vivent à Saint-Germain-des-Prés et qu’ils ont su peser sur le pouvoir politique qui craignait de perdre leur soutien médiatique. Si l’on veut redonner une dignité à nos agriculteurs, garantir la qualité des aliments que nos enfants mangent, permettre l’autosuffisance alimentaire de la France et de l’Europe à un prix stable, il faut bien sûr protéger nos marchés. Ce qui sera peut-être bien pour l’Europe, sera aussi très positif pour l’Afrique car nous ne maîtriserons les flux migratoires que lorsque le paysan africain pourra vivre de sa terre.
En espérant que ces précisions auront satisfaites votre demande, je vous joins mon programme détaillé pour l'agriculture."

http://www.terre-net.fr/ulf/TNM_Biblio/fiche_77624/4_pages_salon_agriculture.pdf

Bien cordialement,

Nicolas DUPONT-AIGNAN
Candidat à la présidence de la République
Député de l’Essonne – Maire de Yerres

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