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le 23 décembre 2021 - Question parlementaire → Nationale

Le sénateur Jean-Claude Anglars demande au Gouvernement des mesures pour contrer l'action des mairies et collectivités refusant de servir du foie gras

Question orale n° 2011S de M. Jean-Claude Anglars sénateur (Aveyron - Les Républicains) :

M. Jean-Claude Anglars interroge M. le ministre de l'agriculture et de l'alimentation sur le soutien et la solidarité face aux difficultés des filières agricoles et des éleveurs.
Le 8 décembre 2021, un « manifeste pour des ruralités vivantes » a été présenté à la presse. Signé par 36 organisations, parmi lesquelles la FNSEA (fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles), les jeunes agriculteurs, l'association des petites villes de France, l'association Familles rurales, l'union des entreprises de proximité, il n'a pas été relayé dans les médias, et n'a pas susciter de réaction du gouvernement. Pourtant, ce manifeste propose « dix propositions d'urgence » pour développer les territoires ruraux et, notamment, leur potentiel économique. Cette absence de réaction est symptomatique de la considération qu'obtient le monde rural actuellement lorsqu'il est nécessaire de lui apporter un soutien concret. Cette situation est d'autant plus regrettable que, dans le même temps, plusieurs municipalités de grandes villes ont annoncé la suppression du foie gras dans les événements qu'elles organisent.
Il s'agit, par exemple, de Lyon, Strasbourg ou Grenoble. Après les annonces sur la quasi suppression de la viande dans les cantines scolaires de ces municipalités il y a quelques mois, il est regrettable de constater qu'une nouvelle fois la même approche idéologique des sujets écologiques prime sur la diversité alimentaire et le choix des consommateurs. Surtout, ces annonces successives sont autant d'attaques contre les éleveurs, déjà en difficulté en raison de la crise sanitaire, de l'augmentation des coûts des matières premières, de la grippe aviaire. Ces annonces de suppression de la viande ou du foie gras, largement relayées dans les médias, stigmatisent une profession et l'élevage en France, pourtant le plus souvent de grande qualité et respectueux de l'environnement et des animaux.
Ces attaques contre les éleveurs ont d'ailleurs suscité de nombreuses réactions de solidarité. Ce sont notamment les chefs restaurateurs qui se sont exprimés en soutien des producteurs de foie gras, mais aussi les élus locaux des territoires ruraux qui appellent à un soutien fort des producteurs.
Dans ce contexte de décisions politiques irresponsables alors que les agriculteurs ont besoin de la solidarité nationale, il lui demande d'exprimer clairement la position du Gouvernement vis-à-vis de la filière du foie gras. Il souhaite savoir également quelles sont les mesures qu'il entend mettre en œuvre pour soutenir économiquement et rapidement les éleveurs face aux conséquences directes et indirectes des annonces récentes.

En 2020, en France, 313 000 oies et 26,9 millions de canards ont été gavés, 14,5 millions de canetons femelles ont été éliminés.
Qu'ils s'agisse de gavage industriel (2-3 secondes par acte, largement prédominant dans la production) ou de gavage artisanal (45-60 secondes), les oiseaux gavés sont pris de diarrhées, de halètements (hyperventilation) et leur foie hypertrophié atteindra presque 10 fois son volume normal, rendant la respiration difficile, et les déplacements pénibles. Les sacs pulmonaires sont compressés, le centre de gravité des animaux est déplacé. Le foie gras est donc en réalité le résultat d’une maladie, la stéatose hépatique. Au-delà d’une certaine durée, la mort est inéluctable, même en cas d’arrêt du gavage : « après un gavage prolongé (15 à 21 jours), la récupération n’est plus possible, le foie gras de l’animal conservé vivant évolue vers la cirrhose »
Selon la directive de 1998 concernant la protection des animaux dans les élevages, le gavage est illégal. Elle stipule en effet qu’« aucun animal n’est alimenté ou abreuvé de telle sorte qu’il en résulte des souffrances ou des dommages inutiles » (article 14).
La recommandation de 1999 concernant les canards de Barbarie et les hybrides de canards de Barbarie et de canards domestiques interdit le gavage partout où il n’est pas déjà pratiqué (article 24).

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