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le 30 avril 2015 - Question parlementaire → Nationale

Patricia Schillinger dénonce les risques du TTIP (TAFTA) sur les normes de protection animale

Par ailleurs, un des aspects largement ignorés des négociations transatlantiques réside dans les conséquences en matière de bien-être animal. En effet, le TTIP met en péril les législations européennes régulant la qualité de vie, la santé publique des consommateurs de viande et de cosmétiques dont elle suppose l'abandon pure et simple, créant un retour en arrière sans précédent.
extrait de la question

Question écrite de Patricia Schillinger, sénatrice du Haut-Rhin :

Mme Patricia Schillinger attire l'attention de M. le ministre de l'agriculture, de l'agroalimentaire et de la forêt, porte-parole du Gouvernement concernant l'accord commercial (TTIP) transatlantique entre l'Union européenne (UE) et les États-Unis. Cet accord n'apporte aucune sécurité aux citoyens européens dans le domaine de l'environnement, de la santé et des animaux. Cet accord va à l'encontre du principe écologique de réappropriation par les citoyens des processus politiques, de relocalisation de l'activité et des emplois, des circuits courts, de déconcentration des pouvoirs économiques, de lutte contre les inégalités sociales, de protection de l'environnement et des consommateurs. Par ailleurs, un des aspects largement ignorés des négociations transatlantiques réside dans les conséquences en matière de bien-être animal. En effet, le TTIP met en péril les législations européennes régulant la qualité de vie, la santé publique des consommateurs de viande et de cosmétiques dont elle suppose l'abandon pure et simple, créant un retour en arrière sans précédent. Même si les législations européennes doivent être améliorées, elles sont bien plus en avance que celles actuellement en vigueur aux Etats-Unis. En Europe, chaque étape allant de la ferme à l'assiette tombe sous le champ de la loi européenne alors qu'outre-Atlantique, la seule norme existante concerne l'abattage et l'emballage des animaux destinés à l'alimentation. L'UE interdit l'usage d'hormones de croissance et limite l'utilisation d'antibiotiques et d'OGM dans la nourriture animale, ce qui n'est pas le cas aux États-Unis. De même, depuis 2013, l'utilisation d'animaux pour tester des produits cosmétiques est illégal, ainsi que l'importation de produits extra-européens testés préalablement sur des animaux. Dans le même esprit, une directive de 2010 vise à proscrire l'usage d'animaux à des fins scientifiques et d'expérimentation. Même si des progrès sont observés, les pratiques américaines sont très en retard sur ces questions par rapport à l'Europe. Le TTIP vise à créer un grand marché de 750 millions de consommateurs en supprimant les entraves techniques au commerce. Or, les lobbies américains considèrent que les normes sanitaires et phytosanitaires européennes posent justement des « restrictions injustifiables aux méthodes de production (…) qui affecteraient négativement les exportations de viandes, de volailles et de produits laitiers américains », selon le Conseil national américain des producteurs de porcs. Les grands lobbies comme Monsanto n'hésiteraient plus à faire des procès aux États membres comme il l'a fait au Yucatan pour imposer ses pesticides mortifères pour l'environnement, en particulier pour les abeilles. Aujourd'hui, de nombreux citoyens, associations et élus redoutent l'entrée en vigueur d'un tel accord. Un nombre croissant de villes européennes (belges, françaises, allemandes), redoutent l'entrée en vigueur d'un tel accord et votent des motions les déclarant « zones hors TTIP ». Au niveau du parlement fédéral belge, le parti politique Ecolo a déposé une résolution demandant l'abandon immédiat des négociations (et non leur suspension). Par conséquent, elle souhaiterait connaître la position du Gouvernement sur les mouvements de contestation en Europe et s'il entend défendre la sécurité et la protection des citoyens européens.

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