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le 2 juillet 2018 - Communication officielle → Implication locale

Vœu relatif à la création à Paris d’un monument aux animaux morts sur les champs de bataille de la Première Guerre mondiale

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Vœu rejeté par le Conseil de Paris

Vœu relatif à la création à Paris d’un monument aux animaux morts sur les champs de bataille de
la Première Guerre mondiale

Considérant la participation active de la Ville de Paris aux nombreuses commémorations organisées
en hommage aux victimes de la Grande Guerre,

Considérant la volonté de la Ville de Paris de contribuer aux cérémonies prévues dans le courant du
mois de novembre prochain à l’occasion de l'anniversaire du centenaire de l’armistice du 11
novembre 1918,

Considérant les importants travaux de recherches consacrés à la vie et à la souffrance des animaux
durant la Grande Guerre, notamment ceux de l’historien Éric Baratay, spécialiste de cette question
(E. Baratay, Bêtes de tranchées, Ed. CNRS, BIBLIS, 2013),

Considérant l’enjeu, dans le travail de mémoire, de n’oublier aucune participation qui fut décisive,
Considérant les préoccupations grandissantes des Parisiennes et Parisiens à l’égard de la condition
animale,

Considérant les 11 millions de chevaux, ânes, mulets et les centaines de milliers de chiens et pigeons
morts au combat pendant la grande guerre,

Considérant la réquisition, en France, du quart des chevaux pour les besoins de la guerre,

Considérant les secours que ces animaux ont apportée aux soldats, les aidant à survivre dans l'enfer
de la guerre industrielle et à occuper leur temps,

Considérant que s’il ne s’agit pas de mettre sur le même plan les êtres humains et les animaux, et
loin de minimiser la mémoire des soldats morts, l’histoire des animaux de guerre est également un
moyen de transmettre aux enfants le souvenir de la Première Guerre mondiale,

Considérant la place particulière donnée par les témoignages des poilus eux-mêmes, aux animaux
utilisés dans la Grande Guerre pour porter, tirer, guetter, secourir ou informer,

Considérant pour exemple le témoignage du commandant Raynal au Fort de Vaux en 1916, qui avait
témoigné après-guerre : “ le chien Quiqui a été l’unique joie d’un enfer dont il a partagé toutes les
souffrances et tous les dangers” et avait demandé à ce que ce chien reste avec lui lors de son
emprisonnement par les allemands,

Considérant pour autre exemple, le témoignage de Henri Desvaux, instituteur qui fut volontaire au
84e régiment d’infanterie des Dardanelles, “Un jour, à Verdun, on a demandé des volontaires pour
l’Armée d’Orient. C’est ainsi que je me suis retrouvé dans le 84e RI des Dardanelles et sauvé par un
mulet. Sans cette bête nous serions morts de faim et de soif, nous n’aurions pu évacuer nos blessés
et même nous aurions été perdus. J’ai proposé qu’on érige un monument aux mulets.”

Considérant la reconnaissance de l’armée française en décorant le pigeon Vaillant (matricule 787.15)
cité à l’ordre de la Nation pour avoir transporté au travers des fumées toxiques et des tirs ennemis
un message important, ou encore le chien Charlot qui a reçu la croix de guerre pour avoir sauvé des
poilus ensevelis dans les tranchées,

Considérant l’absence, sur le territoire de Paris, capitale de la France, de monument mémoriel élevé
en hommage aux animaux de guerre, à la différence de Londres, Bruxelles, Ottawa ou encore
Canberra,

Considérant le « soutien plein et entier » de l’association « Le Souvenir Français » à ce projet de
monument mémoriel qui leur « apparaît nécessaire »,

Considérant le courrier collectif de 30 associations de protection animale adressée le 15 mai 2018 à
la Maire de Paris, sollicitant la création d’un tel monument à Paris en hommage aux animaux de
guerre,

Considérant l’existence de plusieurs lieux parisiens en lien direct avec les animaux de guerre, comme
les lieux de réquisition de chevaux ou les dépôts de remonte,

Considérant que le Conseil d’arrondissement du 14e a d’ores et déjà adopté un vœu en faveur de la
création d’une plaque commémorative en hommage aux animaux de guerre sur l’ancien dépôt de
remonte du boulevard Jourdan,

Sur proposition de Danielle Simonnet, le Conseil de Paris émet le vœu que la Ville de Paris fasse
élever, sur son territoire, un monument aux animaux morts sur les champs de bataille de la
Première Guerre mondiale.