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le 15 avril 2016 - Vote vœu → Départementale

Le conseil départemental de la Gironde se prononce à l'unanimité contre l'extension de la porcherie de Saint-Symphorien

Les élus du Département ont adopté à l'unanimité des présents une motion soutenue par les groupes PS et Europe-Ecologie Les Verts dans laquelle ils se prononcent contre cette extension.
Pour rappel ce projet porterait la capacité d'élevage en animaux équivalents de 7 600 à 11 600 animaux.

(extrait de l'article d'Elisa Artigue-Cazcarra, Sud-Ouest)
Le préfet a finalement rejeté la demande d'extension le 20 juin 2016.
C’est une aberration qui ne satisfait ni au confort de travail des salariés de l’exploitation, ni aux conditions de vie des animaux qui n’ont cessé de se dégrader au fil des années dans cette porcherie. (...) des antibiotiques et des compléments alimentaires à base de zinc et de cuivre. (...) La pollution des sols, de l’eau et de l’air engendrée a été dans le cadre de la demande d’extension de cette porcherie mal ou sous évaluée, causant notamment l’avis défavorable du commissaire enquêteur.
(extrait de la motion contre l’extension de la porcherie de Saint-Symphorien)

Motion contre l’extension de la porcherie de Saint-Symphorien présentée par les groupes socialiste et écologiste :

"En janvier 2014, la porcherie Le Lay située à Saint-Symphorien, dans le canton des Landes des Graves a fait la demande d’une extension de ses installations d’élevage porcin : le nombre d’équivalents animaux devrait passer de 7 600 à 11 600 animaux et les surfaces d’épandages devraient passer de 413 hectares à près de 1500 hectares.

À quelques semaines de la décision du Préfet de la Gironde, le Conseil départemental s’interroge sur la pertinence de ce projet. De plus, une procédure d'enquête publique a abouti à un avis défavorable du commissaire-enquêteur en mars 2014.

En préalable, il convient de rappeler que des travaux d’ordre réglementaire étaient nécessaires avant que ce projet d’extension ne voit le jour et qu’ils doivent être réalisés dans les meilleurs délais.

De plus, si nous réaffirmons notre attachement au maintien de chaque emploi présent sur nos territoires, nous demeurons vigilants sur l’impact environnemental des activités économiques.

Le modèle actuel d’agriculture industrielle est en crise, n’est pas porteur d’avenir pour les hommes et les territoires. Il induit des coûts indirects pour l’Etat et les collectivités, que ce soit pour la qualité du sol, de l’eau et de l’air.

De nombreuses institutions (Parc naturel des Landes, Parc Marin du Bassin d'Arcachon, Sage du Ciron, Sage de la Leyre, ODG Sauternes et Barsac, ...), des élus (Maires, Députés, Conseillers Départementaux) et de nombreuses associations locales et nationales se sont également prononcés contre cette extension.

Nous entendons cette forte mobilisation des Girondins qui dépasse les clivages politiques.

Le Conseil départemental de la Gironde, engagé auprès des producteurs dans une démarche vertueuse de promotion de la qualité des produits girondins, mais également porteur de politiques respectueuses de l’environnement et économiquement viables, ne peut cautionner ce projet d’extension de la porcherie de Saint-Symphorien et affirme s’y opposer."

Stéphane Saubusse, président du groupe EELV, a soutenu cette motion en rappelant avec fermeté la position de notre parti à ce sujet :

"Monsieur le Président, mes chers collègues,

Depuis le début de notre mandat, le groupe écologiste a suivi de près le dossier de la porcherie de Saint-Symphorien et s’est engagé auprès des associations locales dans le combat contre son extension.

Nous sommes donc ravis que le groupe PS ait décidé de s’engager à nos côtés dans ce combat, que nous estimons symbolique dans une lutte plus généralisée contre l’industrialisation de notre agriculture et ses dérives environnementales, sociales et éthiques.

A Saint-Symphorien, l’exploitation Le Lay demande à augmenter de 60% le nombre d’animaux présents sur son site, pour un seul emploi créé. C’est une aberration qui ne satisfait ni au confort de travail des salariés de l’exploitation, ni aux conditions de vie des animaux qui n’ont cessé de se dégrader au fil des années dans cette porcherie. Les litières naturelles ont fait place à des caillebotis, la place allouée à chaque animal s’est réduite et continuera à diminuer pour un rendement toujours plus optimisé, en dépit du bon sens et de l’éthique.

Comme dans tout élevage industrialisé, les animaux tombent plus facilement malades et sont faibles physiquement, ce qui implique de leur administrer des antibiotiques et des compléments alimentaires à base de zinc et de cuivre. Or, ces éléments, mal éliminés par leur organisme, se retrouvent dans le lisier produit. La pollution des sols, de l’eau et de l’air engendrée a été dans le cadre de la demande d’extension de cette porcherie mal ou sous évaluée, causant notamment l’avis défavorable du commissaire enquêteur. On peut tout de même noter qu’une étude hydrogéologique réalisée en 2015 a relevé des taux de nitrates 50 mg/l au dessus du seuil de bonne qualité sur sept des onze points où des prélèvements ont été effectués.

Nous signalons également que la porcherie de Saint-Symphorien est accréditée par le label « Jambon de Bayonne », ce qui nous laisse perplexe sur les modes de production acceptés par cette appellation, malgré le gage de qualité qu’elle représente dans l’esprit des consommateurs. C’est l’une des raisons pour laquelle l’engagement du Département aujourd’hui est nécessaire, afin de montrer que notre institution soutient avant tout les filières de qualité, loin de l’industrialisation agricole.

Enfin, nous ajoutons qu’une pétition réunissant 50 000 signatures a été déposée par plusieurs organisations comme les Amis de la Terre, la SEPANSO, la Confédération paysanne ou le Collectif plein air. Cette mobilisation citoyenne, doublée d’une mobilisation politique forte de nombreux élus, doit être entendue par le Préfet. Nous espérons pour cela qu’un maximum de nos collègues, tous bords politiques confondus, voteront cette motion."