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le 3 novembre 2011 - Communication officielle → Régionale

Mona Bras appelle à diminuer la part de protéines animales dans l'alimentation quotidienne

diminuer la part de protéines animales dans l'alimentation quotidienne est une démarche de solidarité envers les affamés du monde entier et permet d'éviter le gaspillage des ressources qu'implique la production de viande : 6000 kilos de carottes, 4000 kilos de pommes ou 1000 kilos de cerises peuvent être récoltés sur un terrain dont la taille ne permet de produire que 50 kilos de bœuf.....
extrait de la tribune

Tribune de Mona Bras :

Pourquoi Mona Bras a-t-elle signé la tribune "Moins de ketchup pour plus de viande" ?

Consommer moins de viande : un symbole de solidarité avec les peuples du monde.
Pourquoi Mona Bras a-t-elle signé la tribune "Moins de ketchup pour plus de viande"  ?

Aujourd'hui, et d'une manière constante depuis 1990, environ 1 milliard de personnes, soit environ 20% des populations des pays en voie de développement, souffrent de la faim.

Cette situation chronique de manque de ressources alimentaires donne lieu à des dramatiques conséquences en temps de récoltes dites "normales". Que penser du niveau de gravité des famines en cas de mauvaises récoltes ? Conditions météos, changement climatique, spéculations financières sur les céréales : autant de menaces sur les stocks de nourritures et sur leur prix, autant de menaces qui font déjà plonger des millions de personnes dans la misère et la famine.

La FAO l'affirme : le fait que la demande en matière de grain dépasse les limites de production n'est autre qu'une conséquence de la croissance constante de la consommation de viande sur le plan international. Malheureusement, la reconnaissance de cette simple vérité fait défaut. Au contraire, l'adoption du régime carné occidental par les pays émergents est présenté comme un signe de réussite sociale. Nous sommes dans une situation où les riches utilisent du grain, du mais et du soja pour nourrir leurs animaux d'élevage pendant que des millions d'enfants souffrent de malnutrition.

Sans devenir végétarien, diminuer la part de protéines animales dans l'alimentation quotidienne est une démarche de solidarité envers les affamés du monde entier et permet d'éviter le gaspillage des ressources qu'implique la production de viande : 6000 kilos de carottes, 4000 kilos de pommes ou 1000 kilos de cerises peuvent être récoltés sur un terrain dont la taille ne permet de produire que 50 kilos de bœuf..... D'un autre côté, certaines maladies dites de civilisation sont liées à une alimentation trop riche en graisses, sucre, sel et protéines animales, contenant trop de molécules chimiques. Par ailleurs, les conditions de productions industrielles de viande par l'élevage et l'abattage intensifs produisent de la maltraitance envers les animaux, du mal-être chez les professionnels de ces secteurs, ainsi que de graves problèmes sociaux, économiques, sanitaires et environnementaux.

Une approche plus équilibrée de l'alimentation occidentale, donc moins carnée, aurait des effets positifs sur l'ensemble de la chaîne du vivant et se traduirait par du mieux-être pour tous.

D'après une étude de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), la production mondiale de viande serait à l'origine d'environ 20 % des émissions de gaz à effet de serre. Soit plus que tous les transports confondus (voiture, bateau, avion,...). Produire un kilo de viande de bœuf génère l'émission de l'équivalent de 36,4 kg de dioxyde de carbone. Le théorème est simple : comme il faut nourrir les bêtes avant de les manger, il faut plus d’énergie, donc plus d’émissions de CO2, et plus de pesticides et autres intrants, pour produire une même quantité de nourriture lorsqu’elle comprend de la viande.

L'Allemagne, État d'Europe où le bio et les énergies renouvelables sont le plus développés, État qui a pourtant une tradition culinaire charcutière et carnée riche et ancienne, l'Allemagne a déjà pris un virage alimentaire et les restaurants y proposent quasi systématiquement des menus ou plats végétariens, y compris dans des kebabs ou fast-food ! Ceci démontre que tradition culinaire et conversion alimentaire ne sont pas exclusifs l'un de l'autre.

Produire de la viande nécessite des quantités industrielles de céréales. Or, les surfaces agricoles dans le monde ne sont pas extensibles à l'infini. Beaucoup d'agronomes de premier plan se demandent comment on pourra, dans les années qui viennent, satisfaire cette étonnante augmentation de la demande de viande dans des pays dits émergents, au premier rang desquels l'Inde, mais surtout la Chine, où 200 à 300 millions de Chinois réclament de la viande, car ils ont pour la première fois de l'argent pour en consommer et veulent rejoindre le modèle occidental, signe extérieur de richesse. Le problème, c'est que les terres agricoles qui permettraient de nourrir ce bétail manquent et il paraît difficile d'en trouver de nouvelles. Pour moi, le modèle alimentaire qu'on connaît chez nous n'est pas généralisable à la planète. Autrement dit, il me semble probable qu'il va falloir se poser la question centrale de notre modèle alimentaire. Faute de quoi, on pourrait sans doute passer de 1 milliard d'affamés chroniques actuellement à peut-être 2 ou 3 milliards à l'horizon 2050, pour que l'autre partie de l'humanité puisse continuer à consommer trop de viande.

Ce sacrifice est-il juste, humainement parlant ? Devons-nous assister, muets, à la transformation des produits agricoles en arme alimentaire ? Devons-nous assister, muets, à la captation des terres agricoles des pays du sud ou de l'est par des multinationales ou des États riches pour des mono-productions destinées à l'exportation ?

La paix entre les peuples passe par la protection du foncier agricole local pour produire l'alimentation humaine. La paix mondiale passe par l’accès local des peuples à l'alimentation, à l'eau potable, à l'éducation. Soyons cohérents. C'est pourquoi j'ai signé cette tribune avec une quinzaine d'autres élu-e-s.

Mona Bras,
conseillère régionale UDB