Droits des animaux

Le ministre Stéphane Le Foll se défend d'avoir soutenu la reconnaissance de la sensibilité des animaux dans le Code civil

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Institutionnalisation de la condition animale National

Didier Bourdin : Donc c'est inutile si j'ai bien compris ce qu'a voté l'Assemblée nationale ?
Stéphane Le Foll : C'était pour mettre en conformité le Code civil par rapport au Code rural, voilà. Ça a été un choix qui a été fait, là-aussi, par les députés, pas par le Ministre.

extrait de l'émission Bourdin Direct

Transcription de l'émission Bourdin Direct, à partir de 14min45sec :

Didier Bourdin : Le bien-être animal. Parce que c'est un débat qui est installé en France depuis maintenant beaucoup, beaucoup de temps. L'Assemblée nationale a adopté il y a quelques jours une disposition qui reconnaît aux animaux la qualité symbolique d' « être vivant doué de sensiblité ». C'était utile ?

Stéphane Le Foll : C'est un article du Code rural qui est passé dans le Code civil.

DB : C'était utile ?

SLF : Franchement, moi je suis pour qu'on fasse progresser le bien-être animal. Là dessus, et qu'on fasse repecter en particulier, partout, dans tous les cas, dans tous les lieux, les règles qui s'appliquent à l'échelle européenne. Moi j'ai été député européen et j'étais souvent confronté à ce débat au niveau du Parlement européen. Une fois que j'ai dit ça, il y a des efforts et des règles qui s'appliquent aujourd'hui et qui sont extrêmement importantes.

DB : Suffisantes ?

SLF : Oui, je pense que là, aujourd'hui, sur l'ensemble de la production et de l'élevage, quand elles sont respectées, toutes ces règles vont dans le sens du bien-être animal. Oui, oui, à moins qu'on en veuille d'autres mais elles sont suffisantes lorsque tout est parfaitement respecté. A partir de là, après, il y a un débat : faut-il abattre, manger de la viande ? Vraie question. Parceque derrière tout ça, moi, ce que je vois et j'alerte, j'alerte ! C'est que je sais que derrière il y a des associations qui, au fond, c'est pas la question du bien-être, c'est la question même de « Est-ce que nous devons continuer à manger de la viande ? » en particulier. Et bien là j'alerte ! Moi là-dessus je dis stop. Le bien-être, il faut qu'on soit capable d'appliquer les règles et de répondre aux critères qui sont évoqués. Et les agriculteurs et les éleveurs font des efforts et vont poursuivre dans ce sens-là. Mais je dis que si ce débat, ça sert pour certains à dire que après tout on pourrait se passer à la fois de manger de la viande et que l'homme n'a pas besoin d'en manger, je dis non ! Je dis que l'élevage aujourd'hui, tous les animaux qu'on voit partout dans la campagne, ils existent parcequ'ils sont élevés, et depuis des siècles. Et on devrait d'abord considérer que l'éleveur a une responsabilité du bien-être de ses animaux. Et, en gros, quand je les regarde tous ces éleveurs, dans les yeux - à part, je le dis, comme partout, comme certains, qui ne font pas les efforts ou qui ne font pas ce qu'il faut faire- tous, c'est la passion qui les anime.

DB : Mais dîtes-moi, quand on voit des éleveurs tuer des millions de poussins mâles, ça vous choque ou pas ?

SLF : Parce que vous pensez que des millions de poussins mâles... Parce que... Si on en tuait un, ça vous choquerait ? Non, vous n'en parleriez pas. Deux, trois, quatre, cinq, six, huit, neuf, dix, non plus.

DB : Ce n'est pas certain.

SLF : D'abord c'est pas si simple que ça parce qu'on a une production qui est industrialisée. Alors après c'est la question : faut-il industrialiser la production ? Parce que vous pensez qu'il y a cent ans en arrière, dans le monde agricole, des Cévennes, le bien-être animal... […] Allez voir comment c'était! Pensez-y ! Rappelez-vous !

DB : Moi j'ai vu tuer le cochon.

SLF : Ben voilà, et comment on le tuait ?

DB : C'est interdit aujourd'hui.

SLF : Oui c'est interdit, comment on le tuait dans le temps ?

DB : On le saignait.

SLF : Voilà, bon. Et comment il était élevé ? Dans un soue, et il ne bougeait pas. [...] Donc le bien-être animal : les choses ont évolué. Et tant mieux.

DB : Elles ont évolué mais enfin, est-ce qu'il n'y a pas d'autres pratiques possibles [pour préserver le bien-être animal] ?

SLF : Lesquelles ? […] Je vous l'ai dit, on continuera à faire progresser le bien-être animal.

DB : Donc c'est inutile si j'ai bien compris ce qu'a voté l'Assemblée nationale ?

SLF : C'était pour mettre en conformité le Code civil par rapport au Code rural, voilà. Ça a été un choix qui a été fait, là-aussi, par les députés, pas par le Ministre.

DB : Et est-ce que ça vous a choqué des manifestants ariculteurs qui ont maltraités des ragondins ?

SLF : Oui bien-sûr je l'ai dit. Franchement, si l'image qu'ils veulent renvoyer c'est celle-là, c'est une responsabilité qu'ils prennent mais qui est lourde vis-à-vis de la société. Très mauvaise image.

DB : Très mauvaise image. Vous leur avez dit ?

SLF : Bien-sûr que je leur ai dit.

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Sources

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