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le 17 novembre 2020 - Source associative → Nationale

Lettre ouverte au Ministre de la Recherche demandant d’interdire la reproduction des chiens myopathes et de transitionner vers les méthodes de substitution existantes

Agir !

Félicitez-les

Paris, le 17 novembre 2020
Madame Frédérique Vidal
Ministre de l’Enseignement supérieur,
de la Recherche et de l’Innovation
Pavillon Boncourt – 21, rue Descartes, 75005 Paris
Envoyée en courrier recommandé.

Objet : nos organisations vous alertent sur la reproduction des chiens utilisés dans la
recherche sur la myopathie.

Madame la Ministre,

Cela fait plus de 30 ans que des chiens sont volontairement reproduits myopathes dans le
cadre des recherches sur cette maladie. Depuis, aucun résultat probant n’a été publié,
personne n’a guéri de la myopathie, et pourtant des chiens continuent d’être les cobayes de
cette recherche qui leur fait subir une vie de souffrance et une mort prématurée. En vertu de
l’éthique animale, il est plus que temps d’arrêter de soumettre ces chiens à des
expérimentations aussi cruelles qu’inutiles.
Par cette lettre, nous affirmons qu’il serait possible d’allier santé des Français et bien-être
des animaux, tout en faisant progresser et aboutir la recherche contre la myopathie.
Lutter contre la myopathie, c’est aussi ne plus infliger cette maladie volontairement à
des chiens.

L’expérimentation animale retire toute dignité à ces chiens qui passent leur vie à souffrir. Au
bout de six mois, leur état commence déjà à se dégrader. Avant la fin de leur première
année de vie, beaucoup ne peuvent même plus marcher. Pour leur éviter une lente agonie,
la mise à mort prématurée par euthanasie devient la seule solution.
Le meilleur ami de l’homme ne mérite pas cette vie de souffrance, seul dans sa cage, à être
rongé par la maladie jusqu’à la mort. Toute personne ayant vécu avec un animal de
compagnie sait que ces êtres ont besoin d’attention, de tendresse et d’être traités avec
respect. Qui oserait soumettre son fidèle compagnon à l’horreur des cages et à la dureté de
ces traitements ?
73 % des Français demandent l’ interdiction de toute expérimentation animale sur nos
animaux de compagnie , selon un sondage IFOP de 2018 (source : Croc Blanc). Une
pétition en ligne a déjà rassemblé plus de 77 900 signatures, montrant le rejet de ces
pratiques par l’opinion publique.

Évidemment, nous ne nous opposons pas à la recherche visant à trouver des traitements
pour les malades de myopathie. Simplement, les personnes qui font des dons pour
soutenir la recherche ont le droit d’exiger que les méthodes les plus innovantes soient
utilisées, et que des chiens ne soient plus inutilement sacrifiés .
L’expérimentation sur les chiens n’est pas incontournable pour les thérapies
génétiques. Des solutions éthiques existent.
Ces expérimentations sont inutiles, non seulement parce que 30 ans d’historique prouvent
leur inefficacité, mais aussi car des méthodes innovantes ont depuis émergé et ont fait leurs
preuves.
Aujourd’hui, la médecine personnalisée reconnaît l’importance du caractère unique du
patrimoine génétique de chaque individu. Cela permet de mieux cibler les maladies
génétiques via de nouvelles technologies.
À l’Université de Chicago, des scientifiques ont créé l’une des plus vastes analyses jamais
réalisées sur les éléments qui interviennent dans les maladies génétiques telles que la
myopathie. En analysant des millions de données de patients, ils ont réussi à créer une carte
génétique unique qui peut guider les chercheurs et les cliniciens vers le diagnostic,
l’identification des facteurs de risque et le développement de thérapies pour ces maladies.
L’école vétérinaire Texas A&M a quant à elle mit fin aux reproductions de chiens myopathes
après avoir reconnu 30 ans d’échec et d’absence de traitement efficace pour soigner les
personnes touchées par cette maladie.
Par ailleurs, ces reproductions ne sont pratiquées que dans 3 structures en France : le
Centre d’Élevage du Domaine des Souches (CEDS) à Mézilles, dans l’Yonne, l’école
vétérinaire de Maisons-Alfort, dans le Val-de-Marne et le Centre d’Élevage ONIRIS à
Nantes. Il s’agit donc d’une pratique peu répandue, qui ne concerne que quelques individus.
Une interdiction ne semble pas très difficile à mettre en place.
Nous vous demandons par conséquent d’interdire la reproduction des chiens
myopathes , de transitionner vers les méthodes de substitution existantes et d’accélérer le
processus de validation des nouvelles méthodes pour remplacer cette recherche obsolète
et éradiquer la souffrance inutile de ces chiens.
Dans l’attente de votre réponse, je vous prie d’agréer, Madame la Ministre ,
l’expression de ma très haute considération.

Estelle Boucly , Présidente d’Antidote Europe.

Lettre cosignée par:
Personnalités politiques
Francis Feytout, conseiller municipal de Bordeaux
Claire O’Petit, députée
Corinne Vignon, députée
Michel Zumkeller, député
Organisations et représentants d’organisations
Antidote Europe
Animal Cross
Code Animal
Collectif Contre l’Expérimentation et l’Exploitation Animales (CCE2A)
Droits des animaux
Éducation Éthique Animale
Charlotte Arnal (Humanisma)
Gwenaëlle Delcros (Institut Éducation Compassion)
Pro Anima